Disponible en location
115'
France, 1977

Production : Delphine Seyrig, Studio 43

Programmé par Line Peyron

Français


Arts



Résumé


Delphine Seyrig s’entretient avec vingt-quatre actrices françaises et américaines sur leurs expériences professionnelles en tant que femmes, leurs rôles et leurs rapports avec les metteurs en scène, les réalisateurs et les équipes techniques. Bilan collectif plutôt négatif en 1976 sur une profession qui ne permet que des rôles stéréotypés et aliénants.

L'avis de Tënk


Ne nous méprenons pas sur le titre : c'est bien une invitation à parler, à enfin dire, que propose Delphine Seyrig. Une mosaïque de femmes que nous avons l'habitude de voir en costumes, sur de grands écrans, nous est ici donnée à écouter. Dans un cinéma où le male gaze semble être un prisme d’écriture scénaristique, fabriqué par une industrie majoritairement masculine, elles témoignent. Sans artifices, dans une économie sommaire (ne pouvant surement pas faire autrement et qui n'est pas sans rappeler l'usage de la vidéo dans les milieux militants.). L’objectif est simple : déceler et abattre les clichés pour tenter de réduire cette domination. Ne serait-il pas l'ébauche du test de Bechdel ?

Line Peyron
Productrice


 

À propos du film, retrouvez un article de Caroline Châtelet sur le site Images de la culture.

 


Cinéaste(s)


Delphine Seyrig

Delphine Seyrig

Née en 1932 à Beyrouth, Delphine Seyrig passe son enfance entre le Moyen-Orient et les États-Unis. En 1952 elle commence une carrière de comédienne en France, puis s’envole pour New York afin de parfaire sa formation à l’Actor's Studio. Après un premier long métrage "Pull my Daisy" en 1959, Delphine Seyrig tourne successivement avec Alain Resnais, François Truffaut, Luis Buñuel, Jacques Demy, Chantal Akerman dans les années 1960-1970. Parallèlement à sa carrière d’actrice, Delphine Seyrig rejoint les mouvements féministes qui se forment après Mai 68, et milite pour le droit à l’avortement. En 1971, elle est l’une des signataires du manifeste des 343. Dans le même temps, elle découvre la vidéo auprès de Carole Roussopoulos avec laquelle elle réalise entre autre "S.C.U.M Manifesto" en 1976 d’après le pamphlet de Valérie Solanas. La même année elle tourne "Sois belle et tais-toi !", une plongée au cœur du sexisme qui règne au sein du milieu cinématographique.
Avec ses complices Ioana Wieder et Carole Roussopoulos, elle crée en 1982 le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir, dont elle devient la présidente, jusqu’à sa mort en 1990.
(photo ©Micha Dell-Prane)