Disponible en location
101'
France, Cambodge, 2002

Musique originale : Marc Marder Production : INA

Programmé par Pascal Catheland

Français

Coup de cœur Histoire



Résumé


Au Cambodge, les Khmers rouges prennent le pouvoir le 17 avril 1975. Camps de travail forcé, famines, terreur, exécutions... près de deux millions de personnes meurent entre 1975 et 1979. Sous les Khmers rouges, S 21 était le "bureau de la sécurité". Dans ce centre de détention situé au cour de Phnom Penh, près de 17 000 prisonniers ont été torturés puis exécutés. Fin des années 1990, la possibilité d'un procès qui jugerait les responsables génocidaires agite la société cambodgienne. Dans ce contexte, pendant près de trois ans, Rithy Panh a entrepris une longue enquête auprès des rares rescapés, mais aussi auprès de leurs anciens bourreaux et a convaincu les uns et les autres de revenir sur le lieu même de l'ancien S 21, reconverti en musée du génocide, pour confronter leurs témoignages.

L'avis de Tënk


Il faut quelques points de repère pour entrer dans "S 21", et si le texte qui ouvre le film est peu informatif c'est pour aiguiser notre attention de spectateur. L'Histoire chez Rithy Panh se questionne par les moyens du cinéma. Le travail de reconstitution et la confrontation directe des bourreaux avec leurs victimes n'ont jamais de visée expiatoire. Pahn ne veut pas pardonner, il cherche à créer un dispositif pour la mémoire : rendre visible ce qui manque. Dans une profondeur de champ béante, autour des bourreaux qui rejouent les gestes de leur passé, on est soudain saisi par l'ampleur du vide et l’absence de tous ces corps disparus.

Pascal Catheland
Réalisateur


Cinéaste(s)


Rithy Panh

Rithy Panh

Né en 1964 à Phnom Penh au Cambodge, Rithy Panh échappe aux terribles camps de la mort des Khmers Rouges alors qu'il n'a que 15 ans. Dans les années 80, il vient étudier en France à l'Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC). Suite à sa formation, il signe son premier documentaire, "Site 2" (1989), qui se concentre sur les camps de réfugiés cambodgiens. Il possède aujourd’hui la double nationalité franco-cambodgienne. Ce premier film est remarqué dans de nombreux festivals. Dès lors, Rithy Panh n'aura de cesse de montrer la tragédie de son pays à travers des documentaires comme "La Terre des âmes errantes" (1999), ou des longs métrages de fiction tels "Les Gens de la rizière" (1994) et "Un soir après la guerre" (1998). Traumatisé par un génocide d’une violence extrême – deux millions de Cambodgiens, soit un sur quatre, exterminés en quatre ans - Rithy Panh devient cinéaste principalement pour témoigner et transmettre la mémoire de ce drame indicible.