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90'
Pays-Bas, 1978


Programmé par Brieuc Mével

Néerlandais
Français, Anglais

Écologie



Résumé


La Waddenzee, Mer des Terres humides, est une région naturelle unique, zone côtière des Pays-Bas, de l'Allemagne et du Danemark qui, selon les marées, est tantôt mer, tantôt terre. Johan van der Keuken filme cette "jungle plate", sa faune, sa flore et ses habitants. Leur vie a été bouleversée par les développements économiques, techniques et industriels de la région.

L'avis de Tënk


Le cinéma de Johan Van der Keuken est d'une très grande beauté formelle. Son style vif et son regard attentif figurent parmi les traits les plus saillants de son travail. Dans "La Jungle plate", qu'il réalise en 1978, le cinéaste néerlandais arpente la Waddenzee, région naturelle au bord de la mer du Nord, et met en avant la manière dont l'Homme cohabite avec son environnement, rendant compte de leur inextricable interdépendance. Rarement, le jeu d'échelles entre le regard macro et l'attention micro, propre à ce cinéaste, aura été aussi pertinent. Il y a quarante ans, émergeait tout juste l'enjeu écologique dans l'espace public. Ce film en témoigne avec une rare sensibilité.

Brieuc Mével


Cinéaste(s)


Johan van der Keuken

Johan van der Keuken

Johan van der Keuken naît à Amsterdam en 1938. Il a douze ans quand son grand-père l’initie à la photographie, dix-sept quand il publie son premier album et dix-huit lorsqu'il intègre l’IDHEC (l'Institut des hautes études cinématographiques), à Paris. Nous sommes en 1956 ; il passera deux années dans la capitale française, deux années de vagabondage visuel où l’école n’est qu’un alibi pour flâner dans la ville, "se poser des questions, chercher des réponses", bref, "découvrir la vie". C’est à cette même époque qu’il travaille à la réalisation de son livre "Paris mortel" qui verra effectivement le jour en 1963. Pour Johan van der Keuken, c’est une période de lente transition vers le cinéma, où il questionne la notion même de vision, explore le cadre et la couleur, expérimente des choses qui doucement, viendront nourrir ses films. Il en réalisera plus d’une cinquantaine. "Un moment de silence", officiellement son premier film, réalisé en 1960, ouvre sa filmographie et annonce tout son cinéma à venir : des récits fragmentaires dont l’agencement bouscule les règles du montage traditionnel. Une caméra faite œil, un corps caméra, un cinéma physiologique qui enregistre ce qui l’entoure et le restitue dans le flot des images par le prisme de la pensée. À sa mort, il laisse une œuvre engagée et universelle, riche d’une cinquantaine de films tous tournés en pellicule, dont on peut citer "L'Enfant aveugle" (1964), "Les Vacances du cinéaste" (1974), "Vers le Sud" (1981), "L'Œil au-dessus du puits" (1988), "Amsterdam Global Village" (1996), ou encore, "Vacances prolongées" (2000).