Disponible en location
22'
France, 1954

Musique originale Jean Wiener Production : Armor Films

Programmé par Julia Pinget



Résumé


Sur un commentaire hors-champ, des images défilent, évocatrices des poussières naturelles : sidérales, salines, de pollens... Elles laissent vite la place à celles de sites industriels générateurs de poussières dangereuses : fours à coke et à chaux, entreprise travaillant le lin, porcelainerie, industrie du charbon de bois, cimenterie... L'accent est mis sur les risques de silicose (vues au microscope, radios de poumons silicosés) et sur l'importance des mesures de protection individuelles et collectives : port d'un masque, appareils de filtration des poussières, de dépoussiérage… Dans "Les Poussières", Georges Franju s'attache à observer l'effet provoqué par les poussières sur la santé de l’homme.

L'avis de Tënk


1954. Georges Franju réalise cette commande de l’Institut National de la Sécurité. Il y convoque principalement la poussière de silice, qui n'est pas sans écho, a posteriori, avec une autre poussière, l'amiante, et tant d'autres encore. Pouvait-on envisager qu'en janvier 2021, la poussière de silice cristalline serait classée cancérigène et verrait la mise en place de mesures de protection pour les travailleurs ? "La modernisation combat ce qu’elle a en partie contribué à créer" nous dit-il.
Dans ses coutures, le film témoigne de son époque : le réalisateur y déploie un exposé-poème où se savoure la qualité didactique et sensible du commentaire. Approche scientifique et poétique se mèlent, questionnant la place de l'homme dans son environnement, cœur de la réflexion, comme en témoigne la dernière séquence : l'explosion d'une bombe nucléaire. La poussière radioactive alors projetée de toute part donne la mesure de la capacité de l'homme à se détruire lui-même en même temps que son environnement.

Julia Pinget
Réalisatrice


Lire le texte de Florent Le Demazel à propos du film "Les Poussières" sur le site de la revue Débordements.

 


Cinéaste(s)


Georges Franju

Georges Franju

Après avoir été décorateur de théâtre, Georges Franju rencontre Henri Langlois avec lequel participe à la création de la Cinémathèque française. Il se fait ensuite connaître avec des courts métrages documentaires d'un réalisme sans concession : "Le Sang des bêtes", sur le monde des abattoirs, "Hôtel des Invalides", sur les "gueules cassées". On retrouve ce style de mise en scène froid dans ses long métrages comme dans "La Tête contre les murs" (avec et sur un scénario de Jean-Pierre Mocky), qui se déroule dans un asile psychiatrique, ou dans son chef d'œuvre "Les Yeux sans visage", un authentique film d'horreur, l'une des rares réussites absolues dans le genre en France. Georges Franju a également œuvré pour le cinéma fantastique dans "Judex", où le cinéaste affiche son goût pour une mise en scène expressionniste. Il a par ailleurs adapté Mauriac ("Thérèse Desqueyroux") et Zola ("La Faute de l'abbé Mouret").


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