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11'
Italie, 1959

Production : Droits réservés, Vette Filmitalia

Programmé par Pascale Paulat, Christophe Postic



Résumé


Jusqu’il y a peu de temps, à Martano, dans la région des Pouilles dans le Sud de l’Italie, la veille funéraire se faisait à domicile pour les femmes - auxquelles il était défendu d’assister à l’enterrement - en présence des pleureuses professionnelles. Ce documentaire de Cecilia Mangini sur les rites mortuaires pose un regard sur la féminité dans sa dimension expressive et émotive. L’éloge funèbre, sous forme d’un chant scandé en griko (dialecte de la région), est traduit dans un registre hautement poétique par Pier Paolo Pasolini, collaborateur fréquent de la cinéaste.

L'avis de Tënk


Comment affronter la douleur de la perte d’un enfant et comment en rendre compte par un film ?
Le rituel convoque l’émotion débordante et tente de lui donner un cadre qui puisse la contenir. Le texte, lu par Lilla Brignone et composé par Pasolini, à partir d’extraits de poèmes populaires et de chants ancestraux, exhale toute la tragédie et le groupe des femmes lui donne voix. La mise en scène très élaborée de Mangini magnifie les visages de ces vieilles femmes en proie à la transe pour transcender la douleur, une manière "d’envisager" un deuil encore impossible. Les hommes eux, tout autant affectés et abattus se tiennent au silence de l’émotion et conduiront plus tard le cortège religieux, un autre rituel de répartition des rôles.

Pascale Paulat et Christophe Postic
Co-directeurs artistiques du festival des États généraux du documentaire à Lussas


Cinéaste(s)


Cecilia Mangini

Cecilia Mangini

Cecilia Mangini, née en 1927, est une cinéaste, documentariste et photographe qui pose dès ses débuts un regard engagé, attentif et personnel sur l’individu et la société, avec une attention particulière aux thèmes de la marginalité, de l’immigration et des injustices sociales. Première femme en Italie à tourner des documentaires dans l’après-guerre, auteur de quelques longs métrages et de plus de quarante courts métrages, en grande partie coréalisés avec son mari Lino Del Fra, elle a su mettre en évidence la transition de son pays qui s’éloignait, parfois lentement, du fascisme, vers une société industrielle. Son itinéraire croise ceux de Vittorio De Seta, Gianfranco Mingozzi, Florestano Vancini, Vasco Pratolini et de Pier Paolo Pasolini à qui elle confie la rédaction du commentaire de trois courts métrages présentés ici. Cecilia Mangini a transmis aux générations futures, quelques-unes des plus belles images de l’Italie des années 50 et 60.


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