Résumé
Deux amis de longue date partent camper le temps d’un week-end. Les deux hommes se retrouvent rapidement confrontés aux différences qui les opposent : l’un est ancré dans la vie adulte, l’autre ne parvient pas à se défaire de la douce insouciance de sa jeunesse.
L'avis de Tënk
Filmé en 16mm, nourri par les forêts, les fougères, les routes sinueuses des paysages du nord-ouest états-unien (c’est le premier film que Kelly Reichardt tourne en Oregon, sa terre d’adoption, et il semble aussi être une déclaration d’amour à son égard), Old Joy réussit comme prouesse d’avoir pour acmé la pleine quiétude d’un bain dans une source chaude alors même qu’il est cisaillé de tensions, de soupçons de rancunes, de malaises. Ici, l’idée de nature sauvage comme celle d’amitié virile sont confrontées, discrètement, au contemporain comme aux fractures de la société, incarnées par le fossé séparant les deux hommes. Mais, pour l’instant, dans leur tentative de retrouver une communauté d’esprit malgré les années, malgré la douce folie de l’un et les chaînes de l’autre, ils cheminent sur un même sentier. Tiré d’une nouvelle de Jon Raymond, le film est aussi le début de cette longue collaboration entre l’écrivain et la cinéaste.
Charlène Dinhut
Programmatrice et commissaire d'exposition