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42'
France, 2018

Musique originale : Javier Elipe Gimeno Production : Clio Simon

Programmé par Jimmy Deniziot, Roxanne Riou



Résumé


Ce pourrait être l’histoire d’une image manquante, celle des services de l’immigration et de l’asile, qui ne se donne pas à voir si facilement, ou celle d’une image de cinéma qui ne sait plus quelle croyance véhiculer. À partir d’entretiens et d’enquêtes sociologiques menés auprès de personnes rattachées aux services de l’immigration et de l’asile, ce n’est pas le mythe médiatique de la crise migratoire qui apparaît, mais bien la réalité brute et invisible de la crise de l’accueil des institutions françaises.

L'avis de Tënk


Le film de Clio Simon est grand. La collaboration avec le compositeur Javier Elipe Gimeno en fait un objet sonore ménageant silence, paroles sidérantes et éclairantes, et opéra minimaliste traversé de rares images qui jouent sur la symétrie. Grand aussi, pour ce qu’il autopsie de mortifère d’une institution qui occulte la vérité du langage pour s’intéresser à son déchet : la véracité. A contrario, l’intime conviction et la solidarité de personnes du service de l’immigration et de l’asile, même entravées, tentent de fleurir malgré les ordres… Grand surtout pour le brio avec lequel Clio Simon affronte la contrainte de l’impossibilité de filmer, et la transfigure en puissance de cinéma (brio partagé par "Des cœurs perméables"). 
Il n’y a pas de lumière, donc pas de cinéma, s’il n’y a pas de noir pour la recueillir.

Jimmy Deniziot et Roxanne Riou
Pré-sélectionneurs pour les États généraux
du film documentaire - Lussas


Cinéaste(s)


Clio Simon

Clio Simon

Diplômée du Fresnoy – Studio national des arts contemporains en 2015, Clio Simon collabore notamment avec le Fresnoy, l’Ircam Centre Pompidou et Heure Exquise !. Elle enseigne par ailleurs à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales à Paris, auprès d’étudiants en Art & Langage, Anthropologie et Sociologie. Sa démarche s'ancre dans le champ de la création contemporaine. Elle est l'auteure, entre autres, d’installations vidéo ("Diable écoute", 2015, "Le Bruissement de la parole", 2013), de films ("Camanchaca", 2014), ou de performances ( "Valores", 2011, "À l’origine de la parole, Le Cri", 2015).